Au pied des pistes de ski du Haut-Jura, à deux pas de la frontière Suisse, le musée de la boissellerie accueille chaque année 20 à 25 000 visiteurs.
C'est dans une ancienne scierie, au coeur du village, que le musée de la boissellerie a pris place il y a une vingtaine d'années. Il propose un parcours guidé à la découverte de l'histoire des Bois d'Amoniers et de leur ingéniosité ; une histoire étroitement liée à l'épicéa, présent partout, dans les paysages, dans l'architecture, dans les ateliers, dans les esprits et les mains des artisans qui l'ont travaillé ou le travaillent encore aujourd'hui.
Quatre siècles d'exploitation du bois
En effet, dans cette vallée bordée de part et d'autre de forêts et de massifs boisés, l'exploitation du bois remonte à l'implantation des premières communautés humaines. Cette ressource naturelle à portée de main a notamment permis aux paysans confrontés à un climat particulièrement rigoureux de développer une activité complémentaire : la fabrication d'objets en bois. Tout d'abord les objets liés à l'agriculture et à la vie quotidienne, puis très vite les boîtes. Des boîtes rondes, ovales, carrées, à cirage, à manchons, à pharmacie, à fromage enfin. Il a fallu apprendre à les concevoir, à partir de copeaux d'épicéa (les targes), à les assembler, les coller, les clouer puis plus tard les agrafer. Pour ce faire, des outils sans cesse plus ingénieux ont été inventés. En amont de la chaine de fabrication, il a fallu organiser l'exploitation de la forêt : il y avait les bûcherons, les débardeurs, les sangliers, passés maîtres dans l'extraction de la fameuse sangle d'épicéa qui vient parfumer le fromage Mont d'Or une fois mis en boîte. Forts de ce savoir-faire si spécifique, les boisseliers ont rapidement diversifié leur production fabriquant des coffrets, des blocs perforés, des cabinets d'horloge et même des skis.
Cette exploitation de l'épicéa s'est développée à Bois d'Amont du XVIe au XXe siècle, transformant une activité complémentaire de l'agriculture en une véritable industrie locale et marquant durablement les esprits. Bois d'Amont est encore aujourd'hui pour beaucoup la ''capitale de la boîte à fromage''.
Un site emblématique, minutieusement rénové
Le musée de la boissellerie est géré par l'association des ''Gardiens de la boissellerie'' qui rénove progressivement toutes les installations et machineries du site. Dernier chantier en date : la rénovation de la roue du moulin à grain de la scierie. Sous l'oeil expert et avec l'aide de Xavier Lacroix, artisan de Bois d'Amont, il s'agissait de reconstruire cette roue à l'identique de celle utilisée au XIXe siècle.
Visite guidée
Le musée de la boissellerie est un musée qui sent bon le bois ; c'est un musée que l'on prend plaisir à visiter surtout lorsque la neige recouvre tout à l'extérieur. Installé dans une ancienne scierie, autrefois centre névralgique du village, il raconte la vie de ces hommes et de ces femmes qui pendant des siècles ont exploité toutes les richesses de l'épicéa.
Le plancher craque, les pas résonnent, on y entend presque encore le bruit des mains qui brassent et manipulent les targes. Mais c'est aussi un musée qui raconte les métiers du bois, les gestes et les outils liés à l'exploitation de la forêt. L'occasion de nombreuses démonstrations (turbine hydraulique, roue à godets, machine à vapeur, targeuse, etc.) tout au long de la visite. En fin de parcours, c'est toute l'histoire du ski dans le Haut-Jura qui se dévoile. Une autre belle histoire, une histoire d'épicéa, encore...